Le ministre du Rayonnement culturel lors de son intervention à l’ouverture de la fête des cultures.
Par Aryse Nguema
Après huit années d’absence, la Fête des cultures revient cette année transformer Boulevard Jean-Paul II en une vaste célébration de l’identité gabonaise. Lors de l’ouverture officielle de la 15e édition, le ministre Paul Ulrich Kessany a rappelé l’urgence d’une mission : redonner à la culture sa juste place dans la construction de la 5e République, en réaffirmant que le patrimoine ne disparaît jamais par la destruction, mais par l’oubli.
Transmettre pour que ne disparaisse pas notre âme
« Une langue peut s’éteindre parce que les enfants ne la parlent plus. Une danse peut disparaître parce que personne ne prend plus la peine de l’apprendre », a souligné le ministre. C’est pourquoi cette édition se place sous le thème « Réappropriation de nos valeurs culturelles ». Se réapproprier sa culture, c’est d’abord savoir qui on est pour pouvoir aller vers les autres sans perdre son identité. C’est considérer la tradition non comme un reliquat du passé, mais comme une richesse vivante que chacun peut enrichir. « Nous ne pouvons pas demander à nos enfants de parler nos langues, si nous ne leur transmettons pas les mots », a martelé Paul Kessany.
La culture, bien plus qu’un supplément d’âme
Affirmant que la culture est « une composante de notre identité, un instrument de cohésion nationale, un levier économique », le ministre a martelé l’engagement du Gabon à en faire un véritable instrument de dialogue avec le continent africain. Cette vision, portée par le Président Brice Clotaire Oligui Nguema, se concrétise à travers une programmation riche : le bal des anciens, des concours de Ntsame, un village des enfants pour une transmission dès le plus jeune âge, la rue des saveurs et des artisans, ainsi que les pavillons des provinces pour incarner la diversité gabonaise.
Un hommage à celui qui a imaginé ce rendez-vous
L’émotion a atteint son paroxysme lorsque le ministre a rendu hommage à Paul Mba Abessole, maire de Libreville et Vice-premier ministre, qui imagina en 1997 ce rendez-vous où les cultures gabonaises pourraient se rencontrer. « Votre présence donne à cette cérémonie quelque chose que nous ne pourrions pas écrire dans un programme », a déclaré Paul Kessany. Cette continuité symbolique montre qu’une idée née de la conviction peut traverser les décennies.
Le Sénégal, pays invité d’honneur
Cette année, la République du Sénégal figure comme pays invité d’honneur, illustrant la volonté gabonaise de faire de la culture un pont continental. « La diversité culturelle est une source d’équilibre, de compréhension, donc de richesse », citant l’ancien président sénégalais Abdou Diouf. Pendant trois jours, chaque province, chaque artiste et chaque artisan pourront raconter une part de ce que le Gabon est.
